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C'est d'abord l'histoire d'une blonde (ça ne s'invente pas !) qui se fait refuser l'entrée parce qu'elle présente des billets à la date de l'année dernière et que personne ne comprend comment c'est possible.

Pendant ce temps, Pamplemousse a lancé cette 12ème édition du Rock à La Buse et comme il s'agit de concerts dessinés, c'est Guillaume Bouzard qui illustre avec enthousiasme la prestation abrasive et vitaminée du trio qui fait merveille ce soir.

Au dehors, les éléments se déchaînent, pluie et vent obligent à mettre prestement à l'abri le matériel de la Radio LGB (lycée Georges Brassens, 91.9 FM sur Saint-Denis) avant que l'eau ne noie tout. Dépités, les lycéens-journalistes d'un week-end renoncent à leurs interventions du jour.

Dans la salle, c'est Moniri M'Baé, délaissant un temps sa production d'albums jeunesse, qui dessine Magnetix. Le duo bordelais donne un concert allumé, avec elle à la batterie dépouillée façon White Stripes et lui, en face, avec son béret et ses lunettes de soudeur, qui fait grincer sa guitare et hurle ses imprécations. C'est Magnetix, vingt ans de carrière m'sieurs-dames !

Quelque part au milieu de tout cela, notre blonde (ça ne s'invente pas !) a fouillé dans son sac, a tout sorti et a trouvé qu'elle avait précieusement conservé ses tickets de l'année précédente, et qu'elle avait rangé consciencieusement les bons avec les anciens. Le fétichisme, c'est mal.

Mais le problème est réglé et elle peut donc aller s'éclater avec Le Prince Harry qui clôture la soirée avec son synth/punk délicieusement rétro et plein de punch qui met quasiment toute la salle sens dessous-dessus.

Ça, c'était vendredi.

Le samedi comme la veille débute avec un documentaire qui raconte la Ravine des Rocques et les efforts déployés par cette fine équipe pour dynamiser la scène rock à La Réunion, dont le Rock à La Buse qui n'en est qu'une des innombrables réalisations.

Promotion par exemple pour Minibar(d) qui a fait bien du chemin depuis un an et demi ! Les voilà désormais sur la scène du Palaxa, soutenus par la voix curieuse et haut perchée d'Anaïs, bien décidés à profiter à fond du moment : la robe de mariée qu'arbore fièrement Saphire (guitare) dit autant qu'elle fait sensation.

Dehors, les lycéens sont revenus. L'équipe est, ce soir, réduite à deux jeunes filles qui tourbillonnent et virevoltent de-ci de-là, entre les dessinateurs et les rockeurs pour ne rien rater des interviews qu'elles ont à réaliser, et aussi pour rattraper la déception de la veille. Au moment de boucler, quand la Cité des Arts fermera ses portes, le contrat sera largement rempli.

Au dedans, on a beau être habitués, la claque mise par les Tukatukas fait toujours aussi mal, peut-être un peu plus d'ailleurs, car le groupe trace son chemin avec maîtrise en déployant une rare énergie. Et il apparaît de plus en plus évident que Lætitia est l'une des toutes meilleures chanteuses rock de l'hémisphère sud. Ce que semble aussi penser notre blonde (ça ne s'invente pas !) d'hier soir qui en savoure chaque seconde.

Emmanuel Prost et Hippolyte affûtent leurs crayons. Ces deux artistes à l'origine de deux très belles expositions à la Cité des Arts – vous avez jusqu'au 22 avril pour vous y précipiter, certaines pièces exposées touchent au génie ! –  ont enquillé les dédicaces l'après-midi dans le cadre du Marg' Bazar (qui est aussi une foire aux bédés et aux disques vinyles) pour enchaîner des dessins en direct lors de la soirée : l'un va dessiner Mouse, le duo sud-africain qui joue très très fort, et les deux joindront leurs talents pour les Quebécoises. Bonne énergie, beaucoup de communication avec le public, attitude toujours positive, les quatre filles envoient un rock punkisant et dynamique que n'aurait pas renié le premier Girlschool : les Horny Bitches encouragent le pogo, n'épargnent pas la sueur et c'est avec la collection de sourires que se termine ce douzième Rock à La Buse, une bien belle édition que l'on doit une fois de plus aux efforts conjoints de la Ravine des Rocques et du Cri du Margouillat, le collectif BD péi.

Dehors, en fin d'interview, les Horny Bitches glissent un CD dans la besace des lycéennes, on échange quelques verres en buvant les derniers propos (à moins que ce ne soit l'inverse) et tout le monde en repart heureux et ; pour ceux qui en voulaient encore, Da Flesh & guests jouaient le dimanche soir, à St Leu.

Parce que le rock, à La Réunion, ça ne s'arrête jamais.

Ibuse

Un grand merci à Mikaël Thuillier pour les photos. Retrouvez son travail ici ou ici.

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