00 Lova Nantenaina Photo ConvertImage

Mais quelle mouche qui pique les a piqués? Après des mois de pénurie à se morfondre sur la programmation des grands distributeurs qui distillent au compte-goutte les films de l'actualité nationale ou internationale, le plus souvent avec des semaines de retard sur leur sortie, le plus souvent en version française, et le plus souvent en évitant soigneusement de prendre des risques avec des films, disons pour faire vite, moins consensuels ou moins rémunérateurs, voilà pas que nous croulons tout d'un coup sous les festivals !

Vous me direz c'est plutôt pas mal, il n'y a pas là matière à rouscailler, mais franchement : deux festivals de courts-métrages, un Festival du Film de Femmes au mois de mars, un Festival du Film au Féminin début avril, un Festival du Film Citoyen en même temps que le Festival du Film au Féminin, et un Festival du Film Militant, juste après le Festival du Film Citoyen, si vous vous y retrouvez, je vous tire mon chapeau, vous êtes super balèzes.

C'est pas tout de râler, il faut quand même saluer les festivals qui nous sortent un peu de la morosité de l'offre sur le territoire, cependant, il serait bon de penser à se coordonner, voire à varier les plaisirs, parce que le spectateur lambda, qui ne fréquente aucune chapelle, a un peu de mal à y voir clair et à suivre le tempo.

Ceci posé, et sans revenir sur l'ensemble de la programmation, riche et disons-le aussi inégale, je ne parlerai ni de « Les Invisibles » de Louis-Julien Petit, tête d'affiche du Festival du Film au Féminin, ni de « J'veux du soleil » de Ruffin et Perret clou du Festival du Film Citoyen, qui vont trouver naturellement leur public, et c'est tant mieux, mais d'un auteur qui a illuminé ces dernières semaines festivalières.

Coup de projecteur sur Nantenaina Lova, auteur et producteur malgache de courts et longs métrages pleins de poésie, qui porte un regard sans haine sur le monde, comme Ashitaka, mon héros de Princesse Mononoké.

La Route est à moi, coup de cœur du Festival du Film au Féminin, court-métrage documentaire de Fifaliana Nantenaina, produit par Eva Lova, et Nantenaina Lova.

Portrait de Dadakoto, porteur d'eau de métier, funambule et danseur des ruelles boueuses qui meurt s'il s'arrête, qui s'amuse en travaillant, mais qui vit surtout, de son travail.

Zanaka, Ainsi parlait Félix, Court-métrage documentaire de Nantenaina Lova présenté en ouverture du Festival du Film Citoyen, Poulain d'argent au FESPACO 2019

Portrait de Félix Robson, 86 ans, résistant lors de la révolte anticoloniale de 1947 à Madagascar, mémoire d'un passé encore tabou, dessiné à la pointe sensible et précise du crayon. Parce qu'il faut porter un regard sur le passé, faire entendre la voix des ancêtres pour interroger le présent. Une constante dans le cinéma de Lova, celui qu'il fait, celui qu'il produit : la liberté de ton et la beauté des êtres qu'il révèle, leur courage, comme un poète qui confectionne histoire après histoire, la geste du peuple malgache.

Et si vous avez raté les précédents et ne craignez pas les sarouels à fleurs, ne loupez pas dimanche, à partir de 16h30 aux Yourtes en scène, au Festival du Film Militant : « L'envers du décor – Lettre à mon frère » (The Other Side) de Lova Nantenaina, suivi de En guerre de Stéphane Brizé, avec Vincent Lindon à 19h00.

Anabzl

À suivre demain l'interview de Nantenaina Lova (prononcez Loov), ouvrez vos chakras, il n'a pas son pareil, Lova, pour transformer la boue en or...

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