00 Mouvman Téat

Une semaine pour se délecter du meilleur de la création théâtrale réunionnaise et découvrir des pièces en devenir. À 10€ la place, puis 5€ pour une autre représentation, ça serait dommage de pas tenter l'exploration. Zerbi et Manzi te recommandent déjà ces trois spectacles déjà visionnés et bigrement appréciés.

MASKARAD

Coup de cœur de cette rentrée culturelle dans la rédaction de Bongou, Maskarad est aussi réjouissant que House of Cards. Dans le rôle du Franck Underwood péi, Sandy Calixte se veut calife à la place du calife et n'hésitera pas à user de stratagèmes syndicalistes ou de discours populistes pour incarner un Baron Noir obnubilé par le perchoir. C'est la pièce réunionnaise la plus corrosive et drôle que j'ai vue depuis Ubu roi, et moi, et moi avec une préférence pour cette récente mascarade dont l'écriture originale et l'interprétation frôlent la perfection. Si seulement on pouvait imposer à quelques apprentis politiciens de se mettre au premier rang et que, par le plus grand des hasards, le petit Pierrick R. se fasse choisir pour lire un des discours délicieusement creux... Manzi

Maskarad est une réussite à bien des niveaux. Transposer Shakespeare en farce péi est une géniale acrobatie. La soif de pouvoir, aussi atemporelle qu'universelle est une source jamais tarie. Avec une acuité féroce, les auteurs Barbara Robert et Sully Andoche dépeignent dans un créole truculent l'imposture politique contemporaine. Entre les élus menteurs, les journalistes voyeurs et le peuple adorateur d'amadoueurs, leurs caricatures sont à peine forcées. Zerbi

SAM 27 OCTOBRE / THÉÂTRE LE GRAND MARCHÉ / 18H

MALOYA

Au commencement, l'outrage. Grondin est papa. Lorsqu'il se penche sur le berceau, de vilaines fées font fourcher ses mots. Il parle à son fils en français. L'anathème est jeté. Le yab a trahi, son âme est damnée, Grondin va-t-il trancher la gorge de son identité ? Non. Mais ton voyage vient de commencer... Il se joue à rebours, sous forme de collectage. Pour tenter de comprendre ce qui fait qu'on se pense réunionnais, lorsque la langue de bec se sent abandonnée, il convoque le Maloya. Merveilleuse métaphore de l'identité créole, qu'il suffirait d'interroger. Au passage, c'est souvent drôle. Quand Grondin prête sa voix aux piliers de la créolité, la parodie est musclée. Côté signature sonore, Kwalud ne verse pas dans la facilité. Que les inconditionnels du traditionnel passent leur chemin, cette musique-là ne leur dira rien. Et pour cause. Le Maloya résiste à l'épreuve du « je ». Grondin a beau convoquer tous ses dalons, le Maloya repousse l'unicité d'une définition. Le conteur est forcé de  multiplier les questions. Qui a raison ? La création se refuse à toute affirmation. Que c'est bon. Zerbinette

LUNDI 22 OCTOBRE / Théâtre Le Grand Marché / 21H

MERCREDI 24 OCTOBRE / Théâtre Le Grand Marché / 19H

KALA

Léone Louis, l'héroïne du récit, subit comme Kala jadis, le poids d'un héritage familial qui la meurtrit. Humiliées, privées de voix donc de liberté d'expression, les femmes de sa famille répètent un scénario aliénant dans lequel s'étouffent leurs émotions, comme leurs ambitions. La scénographie à l'épure, qui place la comédienne devant son lit de jeune fille, nourrit la sphère de l'intime. La légende traditionnelle de GranmèrKal est ragaillardie, qui par la musique électro, qui par la voix de la chanteuse Kaloune, dans une volonté de moderniser les arts de la parole. En réaffirmant le pouvoir guérisseur de ce mythe, Kala survole nos failles. Afin que ses mots sur nos maux, enfin, apaisent. Zerbinette

MARDI 23 OCTOBRE / LA FABRIK / 21H

VENDREDI 26 OCTOBRE / LA FABRIK / 19H30

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