Jeudi 3 mai – Lespas Leconte de Lisle

THÉÂTRE / VINCENT ROCA / MA PAROLE

Vincent Roca du temps de ses chroniques sur France Inter et par ses bouquins – Papiers Bavards notamment – ont fortement influencé le calembourrin que j’aspire à devenir. Une édition de Komidi sans se délecter des jeux de mots du Maître Roca c’est aussi fade qu’une vanne de Meurice sans poils de rageux qui s’hérissent.

Vendredi 4 mai – Téat Plein Air

MUSIQUE / LES GARÇONS MANQUÉS

Avant d’affronter la ruche bourdonnante des Électropicales, allons soigner nos cages à miel avec un peu de poésie musicale. En 2004, Nicolas Rey sortait un roman générationnel assez génial « Courir à 30 ans » qui m’avait fortement emballé. Malheureusement, j’ai délaissé cet auteur écorché incarnant volontiers l’écrivain mondain usé par la dope et l’alcool dans les talk-shows télé ou autres émissions radios auto-satisfaites. Ravagé par ces années de défonce, Nicolas Rey survit avec un corps désormais cabossé mais une plume toujours aussi affutée. « Rester vivant pour récupérer l’amour de sa vie », « Vieillir c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour ne pas mourir jeune » : ces deux phrases lâchées lors de récentes interviews me laissent croire que ce repenti est profondément sincère et mérite une attention particulière. Pour cette performance, il lit ses textes pendant que Mathieu Saïkaly lui répond à la guitare sèche : c’est l’amour des mots et des mélodies qui les unit et ça promet un moment intimiste inédit.

Vendredi 4 et samedi 5 mai – Trois Bassins

CIRQUE / THÉÂTRE / DANSE

BON PLAN MANZI avec ce petit festival qui prend de l’ampleur. L’occasion de voir gratuitement du théâtre local de qualité (Kala de la Cie Babasifon ou Kisa mi lé de la Cie Les non Alignés), de la danse de rue (Tir Pa Kart de la Cie Soul City) et des compagnies du Tempo en mode gratos : Les Tapas (voir détail au mardi 8 mai) ou Némésis de la Cie Cirké Craké

Samedi 5 mai – Médiathèque Antoine Louis Roussin (16 h à Saint Benoît)

THÉÂTRE / HERVÉ OU L’IMPOSSIBILITÉ DE DEVENIR UN GRAND POÈTE

Ça fait plaisir de voir une médiathèque accueillir un spectacle culturel ce samedi alors que dans le même temps la Cinor déroule le tapis rouge pour une dangereuse conférence qui pourrait s’intituler “Zorèy déor”. Vous êtes contents les dionysiens de savoir que vos impôts servent à accueillir des fachos? Si des DJs militants des Électropicales – bel oxymore –  ne savent pas où organiser leur free party, je vous file une bonne adresse : Médiathèque Aimé Césaire – 2, rue de la laïcité (bel hommage) – Sainte Suzanne. Alors les teufeurs, rendez-vous à 16h pour la warm up?

Samedi 5 mai – Cité des Arts

MUSIQUE / ELECTROPICALES

Le Sakifo – j’adore commencer une recommandation en mentionnant une autre manifestation – est devenu le rendez-vous culturel du Sud pour retrouver les potes disséminés sur toute l’île, boire des coups et écouter les trois premiers morceaux d’artistes internationaux en attendant le concert qui te met en l’air. Les Électropicales est devenu en 10 ans le petit cousin dionysien pour retrouver les copains urbains, ne pas abuser de picole pour entretenir sa demie molle sur des sons frivoles en attendant que ça décolle avec la tête de gondole. Espérons que Carl Craig ne chope pas la petite vérole…

Mardi 8 mai – Théâtre sous les arbres

THÉÂTRE / LES TAPAS / CARNAGE PRODUCTION

Venez vous faire l’apéro pré-Tempo avec « Les Tapas » à Le Port dans ce lieu magique qu’est le Théâtre Sous les Arbres. Je n’ai pas encore vu ces prestidigitateurs bibeloteurs mais voilà les deux raisons qui me font dire qu’on va bien rire : la mise en scène est de Stéphane Filoque – mais si rappelez-vous le drolatique Gaëtan Lecroteux dans Ma Vie de Grenier au Tempo 2016 – et Carnage Productions fait partie de ces mythiques compagnies qui m’ont amené à me passionner pour le théâtre de rue avec leur spectacle GIGN. J’en profiterai pour ressortir mon vieux tee-shirt Carnage Productions de 2004 que je portais fièrement en souvenir de ces années d’errances pré-zadistes du côté d’Aurillac.

Du 9 au 12 mai – Leu TEMPO

THÉÂTRE & CIRQUE / Festival de théâtre de rue

Leu Tempo a 20 ans et moi ça fait 10 ans que je vis sur cette île sans jamais manquer une édition de mon festival préféré. Comment vous recommander un spectacle dans cette offre mirobolante ? Allez, je tente le coup en deux bandes : si vous voulez satisfaire le petit, votre mie et mamie, je vous recommande la compagnie australienne Gravity & Other Myths pour leur spectacle A Simple Space qui cartonne dans le monde entier et qui est présenté dans le classieux auditorium de Stella Matutina. Si vous êtes adulte et consentant, ne manquez pas Évidences Inconnues de la compagnie Rode Room : un subtil show de mentalisme protéiforme qui va vous faire voyager en défiant la réalité.

Samedi 19 mai – Kabardock

MUSIQUE / DOLORES

Revoilà les Tricodpo avec un nouveau projet qui fait carrément saliver. Tout part d’une couillonisse – comme souvent avec les grandes idées – qui consiste à se moquer des biographies romancées de certains artistes pour raconter le faux parcours d’une chanteuse imaginaire. Cette utopie devient un projet musical qui s’articulera autour de Dolorès Boyer, réunionnaise des Yvelines qui dévoile ses petites et grosses galères. Si le phrasé de la chanteuse fait penser à Nathalie Natiembé en mode parler-chanter, on retrouve l’écriture théâtralisée d’Erik Lebeau et la pluralité des influences musicales ne tombe jamais dans la bouillie pâteuse mais sonne comme de petites perles finement référencées. En attendant le concert de samedi, vous pouvez soutenir ce projet en précommandant leur album ICI.

Jeudi 24 mai – CDOI

THÉÂTRE / COLLECTIF MxM/ TÊTE HAUTE

Après JAZ, voilà le deuxième spectacle particulièrement attendu au Grand Marché pour ce premier semestre. Encore un conte me direz-vous ? Oui mais celui-là est complètement revisité et magnifié par une mise en scène où la vidéo va nous faire voyager. Je dois vous avouer que je n’arrive pas à être transporté par les mots des conteurs traditionnels – à l’exception du divin Pépito Matéo – car ma concentration de moineau s’envole vers des errances mentales existentielles ou sinistrement matérielles. En revanche, je suis persuadé que le travail du duo Joël Cyril Teste – Joël Jouanneau va m’interpeller.

Vendredi 25 mai – Le Kerveguen

MUSIQUE / ALBIN DE LA SIMONE

Allez, zou un petit concert intimiste d’Albin de la Simone avant l’ogre Sakifo qui fanfaronne. Je vous lâche un deuxième aveu : je n’écoute quasiment pas de chanson française et pourtant Albin me plaît bien. Sûrement car, à la base, c’est un musicien et que ses arrangements sont fringants. Surtout ses textes naviguent entre minimalisme et romantisme, émotion et autodérision sans trop plomber l’ambiance : le genre de « gars next door » avec qui t’as envie de boire l’apéro pour écouter ses histoires sans  avoir peur d’être saoulé. Fréquemment, j’ai le refrain de Mes épaules qui revient squatter mon cortex. Son dernier album L’un de nous a été nommé aux Victoires de la musique dans la catégorie Meilleur album de chansons face à Brigitte et au revenant triomphant MC Solaar.

Jeudi 31 mai – Rue Babet (Saint Pierre)

MUSIQUES / IOMMA

Parallèlement au Sakifo, le IOMMA est l’occasion pour le mélomane d’écouter des groupes improbables et souvent de qualité, tout ça pour pas un rond. Au programme de cette édition qui a encore lieu dans la rue Babet (fermée pour l’occasion) : de l’afro punk sud-africain, du reggae chinois, du métal marocain, du hip hop australien, de l’indie pop réunionnaise, de l’électro kenyane, du blues rock de mauricien ou encore du hip hop indonésien.

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