Du 1er au 3 juin Jeudi – SAKIFO

FESTIVAL / MUSIQUES

50 artistes pour 18 propositions électro : Le Sakifo empiète dangereusement sur les plates-bandes des Électropicales à la différence près qu'on est sûr d'assister à la prestation de la tête d'affiche (30€ pour ne pas pouvoir écouter Carl Craig, merci les Électropicales !) et que les artistes présents ne sont pas des ersatz déguisés (bravo aux Daft Plouk d'avoir réussi à berner autant de pigeons). Le Sakifo c'est surtout LE moment convivial pour retrouver les potes dans une atmosphère bon enfant, avec son lot habituel de déceptions et de concerts d'exception. Je serai particulièrement attentif aux prestations de Lysistrata, Gaël Faye, Dear Ribane, Maya Kamaty, M.I.A, Fire Sound System et l'hommage à Césaria Évora – vraie création pour cette édition du Sakifo – et toujours à l'affût d'artistes moins connus mais générateurs de bon raffut.

Du 8 au 9 juin – Le Séchoir (3 représentations)

CIRQUE MINIATURE / VU / Cie SACÉKRIPA

VU c'est tout simplement le meilleur théâtre d'objets que j'ai pu voir en 10 ans de Tempo, un cirque miniature qui se vit et difficilement se décrit (Cie Sacékripa). La jauge réduite incite à une attention grossie pour mieux apprécier la minutie des péripéties de ce pince-sans-rire rempli de manies. C'est un spectacle court fourmillant de tours mêlant génie et humour, un vrai délire psychotique destiné au grand public.

Mercredi 13 juin – Téat Champ Fleuri

CIRQUE LE ROUX / THE ELEPHANT IN THE ROOM

Comme moi, vous avez été déçus par Speakeasy au Tempo (hommage circassien aux films de gangsters des années 30) alors tentons ce voyage cette fois-ci dans les années 20 avec cette performance burlesque et onirique dans un boudoir des Années Folles. Primo, le cirque joué en salles a l'avantage de proposer un habillage scénique classieux avec de multiples effets visuels pour faire voyager le spectateur dans une autre dimension spatio-temporelle. Deuxio, sur le plan technique, c'est du même calibre que la troupe de Speakeasy vu que les artistes proviennent de la prestigieuse école du cirque de Montréal. Autant dire qu'on est certain d'être estomaqués par la virtuosité des portés et que c'est un vrai luxe de retrouver de l'acrobatie de cet acabit à Champ Fleuri. Sinon, pour les amoureux des succédanés foireux (cf. Tribute to Daft Punk), il y a Le Cirque Aquatique (sic) qui continue de refourguer sa camelote sur tout l'île avec sa fontaine en plastique.

Samedi 16 juin – Cité des Arts

DANSE / Cie ARTMAYAGE / KANIKI

Je ne connais pas le travail de Florence Boyer et c'est l'occasion de m'y confronter. Cette proposition de danse contemporaine réunionnaise circonvoluant autour du maloya et des enfants de la Creuse semble aussi ambitieuse que dangereuse. Cette recherche chorégraphique m'interpelle car la bande-son a été confiée à Jako Maron, producteur électronique qui a le chic pour distordre les sons traditionnels et les portés vers des horizons irréels et universels. De plus, Florence Boyer a enrôlé Anne-Marie Van (alias Nach), une danseuse de Krump phénoménale qui a choisi la danse contemporaine pour révéler sa bestialité et sa sensualité.

Vendredi 22 juin – Lazaret (Grande Chaloupe)

THÉÂTRE / Cie MAECHTA MÉTIS / UBU ET MOI, ET MOI

Ubu Roi et moi et moi et moi correspond exactement aux formules théâtrales que j'affectionne, c'est-à-dire une forme sans prétention, divinement bien interprétée, sans gros budget, bourrée de bidouillages scénographiques faits de bric et de broc, inscrite dans un répertoire classique mais accessible à tous car transcendée par une langue créole impertinente. Jean-Laurent Faubourg est parfait dans le rôle de Monsieur Loyal et dans celui du Capitaine Bordure, militaire à la gestuelle hilarante. Il est à noter que les trois acteurs interprètent une vingtaine de rôles, ce qui provoque des enchaînements de fortune, des ratés loufoques qui nous trimballent autant sur la scène que dans les coulisses. David Erudel, le roi Ubu, est fascinant de justesse pour incarner le balourd crasse; le couple qu'il forme avec Virginie Bernard personnifie à merveille ces gueux aussi perfides qu'attendrissants. Cette proposition de théâtre forain et gouailleur a tous les atouts d'une pièce vagabonde qui va enchanter le site exceptionnel du Lazaret à la Grande Chaloupe.

À voir auparavant : Le 02 juin à 18h, au surprenant CASE de Dos d'âne et le 06 juin à 15h, à la chaleureuse médiathèque de la Chaloupe Saint Leu.

Samedi 23 juin – Kabardock

RAP / VALD

Le Didier Super des djeuns débarque à la Réunion et attise mon indiscrétion. Musicalement c'est pas l'innovation, les paroles alternent refrains bidons et punchlines de génération mais ce rappeur faussement lambda est loin d'être un couillon. En live, je demande à voir si ce dormeur du Val(d) arrivera à éveiller un soupçon de poésie ou s'il va se reposer sur des lauriers de rap-variété. Comme tout bon quadra réagissant à l'Auto-tune à coups d'eczéma, j'appréhende ce concert comme un rendez-vous en terre inconnue, pressé de voir ma gueule de vieux entonner le refrain de « Désaccordé » avec une horde de bubonneux:

Ah ouais, ouais, ouais, ouais, ouais, ouais, ouais
Ah ouais, ouais, ouais, ah ouais, ouais, ouais
R.A.F. d'égarer mon buzz, d'éclater mon buzz
De faire des sons deus', j'ai gardé son geuz, ouais, ouais, ouais
R.A.F. d'égarer mon buzz, d'éclater mon buzz
De faire des sons deus', j'ai gardé son geuz, ouais, ouais, ouais
Ah ouais, ouais, ouais, ouais, ouais, ouais, ouais
Ah ouais, ouais, ouais, ah ouais, ouais, ouais

Samedi 30 juin – Kabardock

ROCK / THE LIMIÑANAS

Le voilà l'événement rock de l'année à la Réunion ! Bon, je pourrais faire comme tous les autres médias et reprendre la titraille-choc de Rock & Folk du mois de février:« Connaissez-vous The Liminanas, ce groupe que le monde entier nous envie ? » mais essayons d'être plus convaincant en demandant à Monster Sacha, un rockeur Perpignanais de Saint-Leu, ce qui fait l'originalité et la spécificité de ce groupe : « L'étiquette de rock garage prend pour une fois tout son sens. Non seulement parce que les Liminanas jouent une musique psychédélique primitive fidèle à celle des compiles Pebbles, Back from the grave, ou Nuggets mais surtout parce que c'est bien dans des garages qu'ils ont façonné leur style au fil d'années passées à tenter de coller au plus près d'artistes qui aujourd'hui, juste retour des choses, les adoubent à leur tour, parmi lesquels Iggy Pop (qui les programme régulièrement dans ses playlists), ou encore Peter Hook (qui a enregistré deux titres avec eux). Au rang des fans, citons encore Primal Scream, Franz Ferdinand, Laurent Garnier (!) ou encore Anton Newcombe (Brian Jonestown Massacre) qui a produit leur dernier album, celui qui leur a ouvert grandes les portes d'une reconnaissance internationale jamais vraiment recherchée mais pourtant méritée. »

Bravo au Kabardock pour cette délicieuse programmation du mois de juin, qui prouve qu'il est encore possible d'avoir des groupes de haut niveau en dehors du catalogue Sakifo.

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