• 30 septembre 2018

Vendredi 5 octobre – Théâtre du Grand Marché

LECTURE SLAMMÉE + CONCERT IMPROVISÉ / DEBOUT DANS LES CORDAGES

Je n'ai pas lu le long poème “Cahier d'un retour au pays natal” d'Aimé Césaire mais j'ai hâte d'aimer ses airs de rock progressif, de slam, de violons, de rap et de poésie vindicative. Les lectures d'œuvres ont toujours un côté austère mais, pour avoir écouté des extraits de ce concert multiforme, je peux vous assurer que ce collectif propose un univers musical fusionnant et jamais plombant, qui devrait réjouir les amoureux d'expériences inédites comme le fût la prestation mémorable de Chassol “Indiamore” proposée par le Théâtre du Grand Marché en 2016.

À voir également:

Le samedi 6 octobre à la Médiathèque Antoine Roussin de Saint-Benoît (18h)

Le dimanche 7 octobre au Théâtre sous les arbres (18h30)

Samedi 6 octobre – Téat Champ Fleuri

THÉÂTRE / NICOLAS GIVRAN / QU'AVEZ-VOUS FAIT DE MA BONTÉ ?

Qu'avez-vous fait de ma bonté, c'est le karaoké de la fin du monde. The Voice en huis-clos à l'HP featuring Elvis Presley, Polnareff, Sardou, Pouchkine, Macron, Bergman et Keyser Söze. C'est de la danse et de l'amour, de la neige carbonique, la lumière des néons, du sexe, la vie comme on la goûte. Ce sont neuf jeunes comédiens (et un perchman) qui donnent tout pendant une heure et demie. Et un théâtre audacieux fait pour être vu en grand. C'est la dernière création de Nicolas Givran et sa première au plateau. Bref, des couilles sur la table.

Samedi 6 & dimanche 7 octobre – Musée du Lazaret

DANSE PÉI / FESTIVAL DE DANSE

Si le plaisir est dans l'attente, on devrait être comblé avec le retour de Danse Péi. Les compagnies sont moins tape à l'œil que du côté du grand frère Total Danse mais l'esprit et la diversité des lieux choisis méritent le respect infini. Au niveau des dates, vous avez le choix puisque le festival aura lieu sur 4 week-ends et 4 sites (Maison du Volcan, Cité des Arts, Stella Matutina et Grande Chaloupe). Personnellement, je suis tombé amoureux du site du Lazaret donc je compte sur vous pour me rejoindre, histoire qu'on soit bien plus qu'une quarantaine. Oui oui, je fais dans le calembour engagé.

Mardi 9 octobre – La Cerise Saint Paul

FOLK / STEVE & GINIE JACKSON (MONTREAL)

Ice cream de tous les dieux ! Deux québécois venus du froid vont nous faire sortir la boucane par les oreilles avec leur folk teinté de country et d'irish punk. Gini à la mandoline et Steve à la guitare enchaînent des compositions pêchues ou des reprises de ballades punks celtiques. Attache ta tuque car ce concert va te remettre en shape par sa générosité, sa qualité d'interprétation et sa bonne humeur communicative. Ne loupez pas ce duo dans le plus fun café-concert de l'île.

À voir également:

Le mercredi 10 octobre à L'étoile du Sud, Étang Salé les Hauts (20h30) avec Kilkil

Le vendredi 12 octobre à la rondavelle Chez Jean-Paul (Saint Leu) avec My Own Klub

Vendredi 12 octobre – Théâtre Luc Donat

HUMOUR / ALBAN IVANOV

Après M. Fraize qui nous a régalés en septembre, voici un autre humoriste passé dans les mains aguerries de Papy (Alain Degois, co-fondateur de la compagnie Déclic Théâtre et « découvreur » de Jamel Debbouze entre autres), le bizarrement nommé Alban Ivanov. Aucun lien avec Dr Alban ni le groupe Ivanov, il est fils unique. Je pense avoir visionné son sketch de rappeur dégénéré « Vénère » une petite centaine de fois puis je n'ai cessé d'être conquis par sa carrière et son aisance dans l'incarnation de rôles déjantés, que ce soit à la télé (Bref) ou au cinéma (Les Mythos, Patients avec Grand Corps Malade ou Le Sens de la fête avec Jean-Pierre Bacri). Dans son one-man show « Élément perturbateur », on retrouve bien plus que tous ces éléments grâce à une galerie scabreuse de personnages aussi dérangeants qu'hilarants. Par-contre, 49€ la place, ça fait mal par où ça passe.

À voir également:

Le jeudi 11 octobre au Téat Champ Fleuri (20h)

Le samedi 13 octobre au Téat Plein Air (20h)

Vendredi 12 octobre – Aurère (Mafate)

Festival / DEKALAZ ORÈRE #9

Pour ceux qui n'ont pas les moyens de lâcher 50 boules pour aller voir Alban Ivanov, voici l'alternative bon marché pour bon marcheur : un festival d'obédience reggae dans un coin de cirque idéal pour zigzaguer. Rappelons que Dékalaz Orère a obtenu le spliff d'or dans la catégorie du meilleur nom de festival de l'île.

Samedi 13 octobre – Bisik (Saint Benoît)

FESTIVAL / ART ROCK & CO #2

Électro rock, Post Psyché Rock, Stoner Rock, Rock Grunge, Reggae dub fusion, Art punk, Indie Rock, metal,... Qui a dit que le rock était un genre musical sous-représenté à La Réunion? Bravo au café culturel Bisik et aux nombreux bénévoles d'avoir relancé un nouveau festival rock! Je ne peux pas vous affirmer que vous adorerez tout ce que vous entendrez – c'est le propre d'un festival – mais si vous voulez avoir un aperçu qualitatif et non-exhaustif de la scène rock, c'est dans l'Est qu'il faudra bouger ce week-end. Rappelons que Art Rock & Co n'a reçu aucune nomination dans la catégorie du meilleur nom de festival de l'île.

Starring: REDWOOD // BURNING DOLL // CAJUN TANG // DARWIN IS A MONKEY // THE UNCOOL // BOODOO FIGHTER // ALAIN MASTANE // STEVE & GINIE JACKSON // THE ORLANDO'S // TUKATUKAS // GOLGOT VR

On achète ses billets par ici.

Samedi 20 octobre – Cité des Arts

AFRO BEAT / SEUN KUTI + MUMMY WATA

Son père, Fela Kuti, avait épousé 27 femmes le même jour, espérons que Seun, son dernier fils, fera chavirer le cœur de plus de 27 dionysiennes avec son gang bang afrobeat aussi vindicatif que festif. Après la tornade sud-africaine BCUC du mois de mars, je suis ravi de retrouver des polyrythmies énergiques qui défendent une musique engagée, originelle et atemporelle. Si le groove est funky, Seun n'oublie jamais de faire passer son message de rébellion avec des piques contre l'inaction des Nations Unies (Useless Nonsense), la politique d'ingérence des sociétés occidentales via le FMI ou les marionnettes africaines à la solde des enculés internationaux (IMF : International Mother Fuckers).

En première partie, Mummy Wata chauffera le Palaxa avec son statut de meilleur groupe d'afrobeat de l'Océan Indien, que je cautionne particulièrement pour la fièvre ensorcelante des solos de flûte traversière.

Lundi 22 octobre – Théâtre du Grand Marché

THÉÂTRE / SERGIO GRONDIN / MALOYA

Pour vous donner envie d'aller voir ce spectacle – qui devait être imposé à tous les indépendantistes à CRAN ou autres théoriciens du grand remplacement – je vais copier-coller les belles paroles de ma copine cagole :

« Pour tenter de comprendre ce qui fait qu'on se pense réunionnais, lorsque la langue de bec se sent abandonnée, Sergio Grondin convoque le Maloya. Merveilleuse métaphore de l'identité créole, qu'il suffirait d'interroger. Au passage, c'est souvent drôle. Quand Grondin prête sa voix aux piliers de la créolité, la parodie est musclée. Côté signature sonore, Kwalud ne verse pas dans la facilité. Que les inconditionnels du traditionnel passent leur chemin, cette musique-là ne leur dira rien. Et pour cause. Le Maloya résiste à l'épreuve du « je ». Grondin a beau convoquer tous ses dalons, le Maloya repousse l'unicité d'une définition. Le conteur est forcé de  multiplier les questions. Qui a raison ? La création se refuse à toute affirmation. Que c'est bon. » Zerbinette

Jeudi 25 octobre – Théâtre Luc Donat

DANSE / KANIKI / CIE ARTMAYAGE

Je ne connais pas le travail de Florence Boyer et c'est l'occasion de m'y confronter. Ce travail de danse contemporaine réunionnaise serpentant autour du maloya et des enfants de la Creuse semble aussi ambitieux que dangereux. Cette recherche chorégraphique m'interpelle car la bande-son a été confiée à Jako Maron, producteur électronique qui a le chic pour distordre les sons traditionnels et les porter vers des horizons irréels et universels. De plus, Florence Boyer s'est entourée d'Anne-Marie Van (alias Nach), une danseuse de Krump phénoménale qui a choisi la danse contemporaine pour révéler sa bestialité et sa sensualité.

Samedi 27 octobre – Lespas + La Cerise Café Culturel

CINÉ + CONCERT / MAUDIT TANGUE PICTURE SHOW

Déjà la troisième soirée Taudit Mangue Picture Show et un concept de festivité déjà bien rôdé. On commence par du cinoche et on finit par du rock qui totoche. Concernant le film, Velvet Goldmine est un faux biopic sur David Bowie où l'on voit la décadence et l'exubérance des idoles des seventies qui assument tout sans s'assumer eux-mêmes. Évidemment, l'humour tragique anglais transpire tout le long de cette épopée avec une BO forcément savoureuse si on est friand de ce mouvement musical.

Pour le live, la fine équipe du label Maudit Tangue a choisi la formation rock locale la plus délurée, aux ambiances cinématographiques les plus assumées : Mothra Slapping Orchestra a retourné tout son punk rock garage pour te dénicher des gimmicks cultes de sa collec' de VHS (Tarantino, Star Wars, Frankenstein, Japanimation,...) et les insérer dans leur tsunami rockabilly .

Samedi 27 octobre – Théâtre du Grand Marché

THÉÂTRE / KONPANI IBAO / MASKARAD

Coup de cœur de cette rentrée culturelle dans la rédaction de Bongou, Maskarad est aussi réjouissant que House of Cards. Dans le rôle du Franck Underwood péi, Sandy Calixte se veut calife à la place du calife et n'hésitera pas à user de stratagèmes syndicalistes ou de discours populistes pour incarner un Baron Noir obnubilé par le perchoir. C'est la pièce réunionnaise la plus corrosive et drôle que j'ai vue depuis Ubu roi, et moi, et moi avec une préférence pour cette récente mascarade dont l'écriture originale et l'interprétation frôlent la perfection. Si seulement on pouvait imposer à quelques apprentis politiciens de se mettre au premier rang et que, par le plus grand des hasards, le petit Pierrick R. se fasse choisir pour lire un des discours délicieusement creux. . .

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