Le manque de propositions pré-hivernales me permet de m'étendre sur Sakifo, véritable bacchanale musicale. Non, ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous imposer l'imbitable parcours personnalisé et infesté par ma grosse dose de subjectivité mais je vous soumets plutôt un petit traité de philo et d'infos sur MON Sakifo.

Vendredi 7 juin – SAKIFO

MUSIQUES / MUSIK FESTIVAL SAINT-PIERRE

 

Comme tout le monde, mes goûts musicaux ne vont pas forcément de pair avec la programmation de Sakifo mais ça fait des années que je me suis résigné et que je sais attendre mes festivals de niches hexagonaux pendant l'été. Toutefois, quel plaisir de retrouver vendredi les Suisses de Puts Marie et quelle chance de re-re-re-re-re-re-re-re-revoir (oui je les ai vus 8 fois et alors ?) le plus gentil couple (à la ville) et le plus habité des duos punk noise garage (à la scène), j'ai nommé les irrésistibles Make-Overs, qui joueront sur Les Filaos, un podium enfin à la hauteur de leur talent et de leur énergie onaniste bigrement communicative. Dans un passé pas si lointain et dans un média bien moins mondain, tentant de définir l'adulation ressentie pour ce couple trop mimi, j'avais osé cette formule générique : « Make-Overs a scindé le public réunionnais en deux camps : ceux qui ont déjà vu leur concert dantesque et les autres chanceux qui pourront les découvrir le samedi 8 juin. » Je ne sais pas si ça vous convaincra d'y aller mais putain quel pied de s'autociter !

Sakifo is next! And then it's Europe – 08.06 @sakifoprod Reunion Island21.06 Fête de la musique @ Pau – France26.06 @ Supersonic Club @ Paris – France01.07 Le Farmer @ Lyon – France04.07 Le Galion @ Lorient – France05.07 Festival La Ferme Electrique @ Tournan-en-Brie – France06.07 Conincx Pop Festival @ Elsloo – Netherlands07.07 La Machine @ Bruxelles – Belgium

Posted by Make Martinique Overs on Tuesday, 28 May 2019

Voilà pour le petit passage promo mais revenons à mon plaidoyer pro Sakifo. Si, chaque année, je reste enthousiasmé par ces trois jours de festives sonorités c'est que j'invoque sans cesse ma déesse de la curiosité. Sakifo ne doit s'appréhender que sous cette divinité et c'est bien le seul événement musical qui propose un aussi réjouissant dédale. Alors oui, faut accepter de se taper quelques prestations plutôt foirées pour dénicher le moment qui restera à jamais gravé. Mais on s'en tape, tant l'errance demeure intense. Quelle pépite vais-je découvrir (ou pas) au Vince Corner ? Quelle lubrique mégère va me draguer au Vice Corner ? Quel groupe va se révéler à mes oreilles de vieux festivalier blasé ? Combien de sosies de Desireless à chambrer au stand cashless ? Quel degré d'alcool devrais-je m'infliger pour commencer à tout encenser ? Combien de margouillats en trop sur les tee-shirts L'Effet Péi ? Combien de DJs vont oser se présenter avec un seul laptop, des boucles vidéo sans propos et un égo de cosmo mytho?

Côté déambulation, il y a du nouveau et c'est plutôt très bon puisque le bar VIP – qui n'a de VIP que l'appellation tant c'est devenu un repaire d'invités peu folichons et de gratte-papiers sans carte presse de renom – va déménager derrière la grande scène, libérant la vue sur le lagon et diminuant l'oppression de ce couloir à consommation. Au delà de ces rencontres musicales, n'oublions pas que Sakifo est le seul événement qui permet autant de retrouvailles amicales, du Sud sauvage jusqu'à la capitale. Qui dit festival dit fête et qui mieux que Sakifo pour incarner cette liesse authentique et éclectique ? Je viens de remarquer ma tendance à écrire Sakifo sans son déterminant tant je le considère comme un parent accueillant : il y a dix ans, fraîchement débarqué du continent, ce premier rendez-vous m'avait fait un bien fou et m'avait ouvert les mirettes sur la richesse humaine et musicale de notre Caillou. Avant, il y avait Nyon et Paléo ; dorénavant ça sera Saint Pierre et Sakifo. D'aucuns jugeront cette première imprégnation naïvement superficielle mais il est toujours important de remettre à l'honneur cette diversité, que trop de populistes (pour employer un terme sympa) sont en train de défigurer.

And I have faith in a few things, comme dirait l'autre.

Tiens, le retour d'une grosse tête d'affiche au Sakifo avec Ben Harper, même si l'événement sonne un peu daté (mais cohérent avec Morcheeba, Tricky...). Son premier album “Welcome To The Cruel World” date de 1994: dans le genre flashback cruel, ça va pas être un chouïa dur à digérer, les quinquados du Sakifo ? Bref, le ricain va congestionner Salahin, des presque-plus jeunes aux presque-trop âgés mais faut bien faire des entrées pour perdurer. Excuse me Mister, t'aurais pas pu ramener tes innocents criminels pour que la fête soit plus belle ? Je viendrai quand même faire un tour, ne serait-ce que pour me rappeler mes poils au garde-à-vous dès le premier pincement de corde de ton bassiste pour ton concert au Paléo de 1999

Hey Manzi, t'avais pas dit qu'on se carrait de tes goûts musicaux de gros blaireau alors tu conclus en souhaitant un bon festival à cette sakifaune bigarrée qui a dû te trouver fort élogieux et devrait se réjouir de n'avoir seulement lu que deux jeux de mots sakifoireux...

#sakifionne#sakiflotte#sakimousse#sakifopafaire#sakifautedegout#sakiffehaut#sakifofermertagueulemaintenant

_______________________________________________________________________________________

 

Pour mes autres conseils de sorties au mois de juin, inutile de se la jouer chafouin car y a quasi rien. De toute façon, paraît que Bongou se la joue parisien-qui-aime-rien alors donnons raison à quelques-uns.

Mercredi 12 juin – Théâtre du Grand Marché

ROCKSTEADY SOUL / MY OWN KLUB

Le Grand Marché nous avait habitué à programmer une dernière pièce de qualité mais faudra se contenter d'une projection ciné et d'un concert de My Own Klub, en délicieuse intimité et surtout en totale gratuité (pensez quand même à réserver !)

Vendredi 14 juin – Le Séchoir (Piton Saint Leu)

MARIONNETTES / THÉÂTRE DES ALBERTS / CONTES À LA PERRAULT

Sortez vos mouchoirs car elle a disparu la petite trouvaille de fin de semestre du Séchoir : les contes à La Perrault sont certes un habile jeu de mots mais pas de quoi reprendre une tournée de Pernod. Les aficionados de théâtre d'objets du Tempo, genre malheureusement délaissé lors de cette dernière édition dans sa version éco, y trouveront une gentillette consolation. Ceux qui regrettent également l'absence de gouailleurs rigolards n'avaient qu'à venir voir L'Oiseau Bleu ou Canoan interprétés par le génie Arnaud Aymard.

Jeudi 13, Vendredi 14, samedi 15, dimanche 16 juin – Téat Champ Fleuri

DANSE / BALLET DU GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE / CASSE-NOISETTE

Heureusement Champ Fleuri sort la grosse artillerie avec Casse-Noisette du ballet du Grand Théâtre de Genève. Paraît que 250 m3 de décor arrivent par container, qu'un canal a été creusé sous l'Afrique pour alimenter un mini jet d'eau avec le liquide cristallin du Lac Léman et que des röstis à l'Appenzeller seront distribués à l'entracte avec des pintes de Ice Tea de la Migros. Natif du canton genevois, je me réjouis de voir cette version chorégraphiée par un belge (!) dont d'esthètes plumitifs louent la performance à coups de « irrévérencieuse, moderne, fantasmagorique, enlevée, onirique, audacieuse, surréaliste ». Je me prépare déjà à être “déçu en bien” comme on dit chez mes amis luthériens.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.